Essia Rabah, stagiaire du Diplôme d’Université Techniques de sophrologie

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Essia Rabah. Je suis infirmière de formation et j’ai exercé dans des environnements très variés, à la fois en milieu hospitalier, en entreprise, en milieu scolaire, carcéral et associatif. J’ai toujours travaillé auprès de publics souvent en situation de tension ou de fragilité, notamment liés au stress, au burn-out ou à des troubles psychiques. Aujourd’hui, j’intègre la sophrologie dans mes pratiques, aussi bien en accompagnement individuel que collectif.

J’ai été initiée à la sophrologie durant le confinement, cela a été une véritable découverte. Depuis, cette pratique ne m’a plus lâchée.

Pourquoi avez-vous choisi de suivre cette formation et quels objectifs aviez-vous en tête au départ ?

J’ai choisi de suivre le DU de sophrologie dans une démarche à la fois professionnelle et personnelle. J’avais besoin d’évoluer dans ma pratique et de trouver des outils concrets pour mieux accompagner les personnes en souffrance. J’étais aussi dans une phase de questionnement personnel, avec l’envie de prendre du recul et de redonner du sens à ma vie.

En quoi cette formation a-t-elle transformé votre vision de votre domaine professionnel ou de votre parcours de carrière ?

La formation a profondément transformé ma vision. Il y a eu une vraie prise de conscience corporelle, très immédiate. J’ai vécu ce que je décris comme un « reset », avec un besoin de faire le tri dans ma vie, aussi bien personnelle que professionnelle.

Cela m’a amenée à prendre des décisions importantes, notamment quitter un environnement de travail que j’occupais depuis longtemps, ce que je n’aurais jamais envisagé avant. J’ai aussi changé de posture professionnelle : j’étais plutôt dans quelque chose de direct, et je suis aujourd’hui davantage dans l’écoute, l’échange et l’instant présent.

Quels changements avez-vous constatés dans vos compétences et savoir-faire depuis le début de la formation ?

J’ai développé une meilleure écoute, à la fois des autres et de moi-même. J’ai acquis des techniques concrètes pour accompagner la gestion du stress, des émotions et des situations de tension. J’ai appris à trouver des solutions dans chaque situation.

Je suis aujourd’hui capable d’adapter mes accompagnements en fonction des personnes, car j’ai encore plus intégré que chacun fonctionne différemment. J’ai aussi gagné en prise de recul, en capacité d’analyse et en posture professionnelle.

Pouvez-vous nous donner un exemple précis de situation dans laquelle la formation a eu un impact direct sur votre travail ou vos responsabilités ?

Oui, plusieurs. Par exemple en milieu carcéral, j’ai accompagné une femme enceinte de sept mois qui était constamment en pleurs, elle n’avait pas le moral. Grâce à des séances de sophrologie, elle a pu s’apaiser, reprendre confiance et se projeter à nouveau dans des activités. 

En milieu scolaire, les effets sont aussi très visibles : je désamorce énormément de situations liées à la santé mentale des élèves. Ils viennent spontanément me voir, car ils ressentent les bénéfices. 

Je l’utilise également lors de visites médicales, notamment pour éviter des malaises lors de prises de sang, en aidant les personnes à se poser et à mieux gérer leur stress.

Quels sont les éléments de cette formation que vous considérez comme étant les plus marquants ou transformants pour vous et votre environnement professionnel ?

Ce qui a été le plus marquant, c’est l’impact concret, à la fois sur moi et sur les autres. Sur le plan personnel, la formation m’a permis de mieux écouter mon corps et même d’identifier certaines problématiques de santé, de parler de cette pratique à mon entourage.

Sur le plan professionnel, les effets sont immédiats et visibles : apaisement, meilleure gestion des émotions, amélioration des relations.

J’interviens aussi auprès des équipes, par exemple en EHPAD, où j’ai accompagné des soignants en situation de stress intense avec des techniques simples pour se recentrer et prendre confiance.

Plus largement, la sophrologie permet vraiment de désamorcer des situations complexes, de faciliter la prise de décision et d’améliorer la qualité de vie au travail, que ce soit pour les patients, les professionnels ou les organisations.