Le rôle du formateur à l’ère de l’intelligence artificielle : évolution des compétences et des pratiques

Un article rédigé par Amandine Born, Consultante en management stratégique des compétences et intervenante au SFC.
L’intelligence artificielle transforme profondément notre rapport à la connaissance. En quelques secondes, il est désormais possible d’obtenir des réponses à des questions techniques, de générer des synthèses ou encore de produire des contenus pédagogiques. Dans ce contexte, une question revient fréquemment : à quoi sert encore un formateur lorsque l’information semble accessible à tous, à tout moment ?
Cette interrogation est légitime. Pourtant, loin de faire disparaître le métier de formateur, l’essor de l’intelligence artificielle en révèle toute la valeur. Si les outils évoluent, le besoin d’accompagnement humain dans les apprentissages demeure essentiel. Le rôle du formateur change, ses pratiques se transforment, mais sa place reste centrale.
L’accès à l’information ne garantit pas l’apprentissage
L’intelligence artificielle permet aujourd’hui d’accéder rapidement à une quantité considérable d’informations. Mais apprendre ne consiste pas uniquement à accumuler des connaissances.
Comprendre, analyser, mettre en pratique, prendre du recul, développer son esprit critique ou encore transférer ses acquis dans un contexte professionnel sont des processus complexes qui nécessitent bien davantage qu’un simple accès à des réponses.
L’IA peut fournir des explications, proposer des exercices ou aider à résoudre un problème. En revanche, elle ne remplace pas l’accompagnement pédagogique qui permet de donner du sens aux apprentissages, de lever les incompréhensions ou d’adapter les contenus aux réalités de chaque apprenant.
C’est précisément dans cette dimension que le formateur conserve toute sa pertinence.
Le partage d’expérience : une valeur ajoutée irremplaçable
L’une des forces majeures de la formation repose sur la transmission d’expériences.
Un formateur ne se limite pas à diffuser des connaissances. Il apporte un regard issu de sa pratique, partage des situations vécues, illustre des concepts à travers des cas concrets et aide les apprenants à faire le lien entre la théorie et leur réalité professionnelle.
Les échanges entre participants constituent également une richesse difficilement reproductible par les outils numériques. Les discussions, les retours d’expérience, les débats et les mises en situation favorisent l’apprentissage collectif et contribuent au développement des compétences.
Dans un environnement où l’information devient abondante, la capacité à contextualiser, interpréter et partager l’expérience prend encore davantage d’importance.
Du formateur expert au facilitateur des apprentissages
Pendant longtemps, le formateur était principalement perçu comme celui qui détenait le savoir et le transmettait.
Aujourd’hui, cette posture évolue.
Face à des apprenants capables d’accéder eux-mêmes à de nombreuses ressources, le rôle du formateur consiste de plus en plus à accompagner la construction des connaissances plutôt qu’à les délivrer.
Il devient un facilitateur de l’apprentissage.
Son expertise ne réside plus uniquement dans la maîtrise d’un contenu, mais également dans sa capacité à :
- concevoir des parcours pédagogiques adaptés ;
- guider les apprenants dans la recherche et l’analyse de l’information ;
- développer leur esprit critique face aux contenus générés par l’IA ;
- favoriser l’expérimentation et la mise en pratique ;
- créer des situations d’apprentissage engageantes ;
- accompagner les dynamiques collectives et collaboratives.
L’intelligence artificielle devient alors un outil au service de la pédagogie plutôt qu’un concurrent du formateur.
L’intelligence artificielle : un nouvel outil pédagogique
Les usages de l’IA en formation se multiplient. Elle peut contribuer à la préparation des contenus, à la création d’activités pédagogiques, à la personnalisation des parcours ou encore à la génération rapide de ressources d’apprentissage.
Pour autant, l’efficacité de ces outils dépend largement de la manière dont ils sont intégrés dans le dispositif pédagogique. Le formateur joue ici un rôle déterminant. Il sélectionne les outils pertinents, vérifie la fiabilité des contenus produits, aide les apprenants à utiliser l’IA de manière raisonnée et développe leur capacité à questionner les résultats obtenus. Au-delà de la maîtrise des outils, c’est donc une véritable culture pédagogique de l’intelligence artificielle qui émerge.
Des apprenants aux attentes nouvelles
L’essor des technologies numériques modifie également les habitudes d’apprentissage. Les apprenants sont désormais habitués à accéder rapidement à l’information, à naviguer entre plusieurs contenus et à bénéficier d’interactions immédiates. Cette évolution s’accompagne souvent d’une attente plus forte en matière de dynamisme, d’interactivité et d’engagement.
Paradoxalement, plus l’accès à l’information est simple et immédiat, plus il devient difficile de maintenir durablement l’attention. Les apprenants attendent aujourd’hui des expériences de formation qui les impliquent activement et leur permettent d’expérimenter, d’échanger et de construire leurs connaissances. Dans ce contexte, les formats pédagogiques traditionnels montrent parfois leurs limites.
Ludopédagogie et gamification : des compétences de plus en plus stratégiques
L’évolution des attentes des apprenants renforce l’importance de nouvelles compétences pédagogiques. La ludopédagogie, qui consiste à intégrer les mécanismes du jeu dans les apprentissages, permet de favoriser l’engagement, la motivation et la mémorisation. La gamification mobilise quant à elle différents leviers tels que les défis, les scénarios, les niveaux de progression ou les récompenses afin de renforcer l’implication des participants.
Ces approches répondent à plusieurs enjeux :
- stimuler l’attention ;
- favoriser l’apprentissage actif ;
- renforcer l’engagement des participants ;
- développer la collaboration ;
- faciliter l’appropriation des contenus.
Dans un environnement où les sollicitations sont nombreuses et où les apprenants recherchent davantage d’interactivité, ces compétences deviennent progressivement incontournables pour les professionnels de la formation.
Se former pour devenir formateur : plus pertinent que jamais
L’émergence de l’intelligence artificielle ne réduit pas l’intérêt de se former au métier de formateur. Au contraire.
Les compétences attendues évoluent et se diversifient. Concevoir des dispositifs pédagogiques, animer des groupes, accompagner les apprentissages, intégrer les outils numériques, utiliser l’intelligence artificielle de manière pertinente ou encore maîtriser les techniques de ludopédagogie sont désormais des savoir-faire essentiels.
Être formateur aujourd’hui ne consiste plus seulement à maîtriser un domaine d’expertise. Il s’agit de créer les conditions favorables à l’apprentissage, à la réflexion et au développement des compétences.
Le Pack Formateur : trois formations pour répondre à ces enjeux
C’est pour accompagner ces évolutions que le Service formation continue de l’Université de Strasbourg propose le Pack Formateur, un ensemble de trois formations complémentaires conçues pour couvrir les piliers essentiels du métier aujourd’hui.
- Animer une formation en présentiel ou en distanciel — Maîtriser les techniques d’animation, maintenir l’engagement des participants et adapter sa posture selon les contextes.
- Maîtriser l’ingénierie pédagogique avec la méthode ADDIE — Concevoir des dispositifs de formation structurés, cohérents et efficaces, de l’analyse des besoins à l’évaluation des apprentissages.
- L’IA générative dans la pratique du formateur — Intégrer les outils d’intelligence artificielle dans sa pratique pédagogique de manière pertinente et raisonnée.
Ensemble, ces trois formations permettent de construire un profil de formateur complet, capable d’animer, de concevoir et d’innover dans un environnement en pleine transformation.
Un métier en transformation, mais durablement indispensable
L’intelligence artificielle marque une nouvelle étape dans l’évolution des pratiques de formation. Elle transforme les outils, modifie les usages et fait évoluer les attentes des apprenants. Pour autant, elle ne remplace pas le formateur. Le métier s’oriente progressivement vers davantage de facilitation, d’accompagnement, d’animation et d’ingénierie pédagogique. La valeur ajoutée du formateur réside moins dans la transmission d’informations que dans sa capacité à créer des expériences d’apprentissage efficaces, engageantes et adaptées aux besoins des apprenants.
Le formateur de demain ne sera probablement plus celui d’hier. Mais il continuera à jouer un rôle essentiel dans le développement des compétences et l’accompagnement des transformations professionnelles.
Note de transparence
Cet article a été co-rédigé avec l’intelligence artificielle. Les idées, l’angle éditorial, les messages clés et la structure générale ont été définis par le rédacteur. L’intelligence artificielle a été utilisée comme outil d’assistance pour la mise en forme, l’organisation des contenus et l’amélioration de la fluidité rédactionnelle.
Cette démarche illustre l’une des évolutions évoquées dans cet article : l’IA ne remplace pas l’expertise humaine, elle constitue un outil au service de celle-ci lorsqu’elle est utilisée avec discernement.
Un article rédigé par Amandine Born, Consultante en management stratégique des compétences et intervenante au SFC.
