Après 45 ans : et si votre plus belle carrière commençait maintenant ?

Un article écrit par Daniel Eppling, consultant-coach et facilitateur, fondateur du cabinet ALTO’E et intervenant dans la formation Bilan et transitions professionnelles après 45 ans.
La société vieillit, et nous avons souvent tendance à regarder ailleurs. Pourtant, l’allongement de la durée de vie est l’un des grands défis de notre époque : investir dans cette « société de la longévité » devient un impératif économique et démographique, mais aussi un facteur de compétitivité pour les organisations qui sauront le mieux intégrer leurs collaborateurs séniors.
L’actualité récente ne dit pas autre chose. Fin avril, une journée entière a été consacrée à l’emploi des séniors par le ministère du Travail ; mi-juin, le Premier ministre a introduit in extremis une clause spécifique pour les séniors dans le cadre du conclave des retraites. Le constat est clair : avec un taux d’emploi des séniors de 58 % en 2023, la France reste bien en-dessous de la moyenne européenne. Derrière les chiffres, il y a des trajectoires individuelles, et souvent, une question qui se pose en silence : « Et maintenant, qu’est-ce que je fais du reste de ma carrière ? »
Le début de la « vraie vie »
Carl Jung distinguait deux vies : une première, façonnée par le regard et les attentes des autres, les études, le premier emploi, la famille à construire. Et une seconde, où la personne se façonne elle-même. Confucius, à sa manière, disait quelque chose de similaire : « On a deux vies, et la seconde commence le jour où l’on réalise qu’on n’en a qu’une. »
Autour de la cinquantaine, plusieurs choses bougent en même temps : le rapport au temps change, le niveau d’énergie aussi. Les enfants quittent le foyer, les parents vieillissent ou disparaissent, et notre propre finitude se rappelle à nous. Loin d’être seulement une source d’inquiétude, ce constat peut devenir un véritable élan : puisque le temps est compté, pourquoi ne pas l’utiliser pour intensifier sa vie plutôt que pour la subir ? Pour certains, ce sera un virage radical ; pour d’autres, une maturation lente, presque imperceptible, une forme de frustration de basse intensité qui, peu à peu, devient un signal qu’on ne peut plus ignorer.
Avant de changer, se connaître
Changer de cap sans bilan préalable, c’est risquer de reproduire les mêmes schémas dans un nouveau décor. Avant de s’ouvrir à un nouveau monde professionnel, il est utile de prendre le temps de distinguer, dans sa vie actuelle, ce qui nourrit de ce qui épuise.
Cela passe par plusieurs questions simples mais rarement posées : qui suis-je vraiment, au-delà des étiquettes professionnelles ? Quel est mon système de valeurs, et est-ce qu’il est toujours aligné avec ce que je fais au quotidien ? Quelles croyances me freinent, et lesquelles me portent ? Quels sont mes talents réels, ceux qui se voient dans mes résultats, pas seulement sur mon CV ? Et enfin, est-ce qu’il y a des signes, des coïncidences répétées, qui pointent discrètement vers une direction ? Une fois, c’est un hasard ; deux fois, une coïncidence ; trois fois, peut-être une direction à explorer.
La quête de sens, une boussole plus qu’une mode
Le mot « sens » est partout : faire sens, trouver du sens, donner du sens. Effet de mode ou véritable besoin ? Dans une société longtemps structurée par les traditions, les institutions et les religions, le sens s’imposait presque naturellement. Aujourd’hui, dans une société où les repères se sont déplacés, il devient une question à part entière.
C’est précisément le terrain de la logothérapie, approche développée par le psychiatre autrichien Viktor Frankl, qui aide les personnes à trouver un sens à leur existence, même face aux difficultés. L’image est simple : la vie est comme un grand puzzle. Certaines pièces semblent manquantes, abîmées, ou ne pas s’emboîter, ce qui peut donner un sentiment de perte ou de flottement. La logothérapie invite à regarder ce puzzle sous un autre angle, et à trouver une mission, un but qui tient à cœur, comme une étoile qui guide le chemin.
Frankl articule cette quête autour de trois idées. D’abord, la liberté de volonté : personne ne peut nous priver de notre capacité à choisir notre attitude. Ensuite, la volonté de sens : l’énergie de vouloir peut-être réorientée vers une quête, un « je vœux » plutôt qu’un simple « je veux ». Enfin, le sens de la vie lui-même : il n’est pas donné spontanément, même s’il existe, il faut le chercher, l’élucider, ou parfois se laisser trouver par lui.
Le corps, grand oublié des transitions professionnelles
Un dernier point, souvent négligé dans les réflexions de carrière : le corps. Aucune transition, aucun nouvel élan, ne se construit durablement sans lui. L’énergie, le sommeil, la posture, l’équilibre physique sont les fondations sur lesquelles repose toute reconversion réussie, un peu comme la maison du Soi, entre intensité et sérénité.
Et concrètement, comment s’y prendre ?
Toutes ces questions, sens, identité, valeurs, talents, corps, sont précisément celles que l’on explore, de manière structurée et accompagnée, lors d’un bilan et d’une démarche de transition professionnelle dédiée aux plus de 45 ans. Ce type de parcours permet de faire le point sereinement, sans pression, et de transformer ces interrogations en plan d’action concret pour la suite de sa vie professionnelle.
L’Université de Strasbourg, en partenariat avec l’EM Strasbourg (École de management), propose justement un séminaire en ce sens, animé par Daniel Eppling, consultant-coach et facilitateur, accrédité par l’Institut de logothérapie Viktor Frankl de Vienne : 3 jours en présentiel au Mont Sainte-Odile, complétés par 51 heures de séances à distance, pour travailler très concrètement sur la quête de sens, la matrice d’identité, la boussole des valeurs, l’identification de ses talents et la construction d’un projet professionnel aligné.
