Isabelle d’Aulan, stagiaire du Diplôme d’Université Techniques de sophrologie

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Isabelle d’Aulan. Je suis kinésithérapeute en psychiatrie aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, où j’anime des ateliers thérapeutiques auprès de patients présentant des troubles psychiques ou des problématiques addictives. J’ai toujours été intéressée par des approches complémentaires comme la danse-thérapie ou la sophrologie ludique, et j’intègre aujourd’hui pleinement la sophrologie dans ma pratique, en individuel comme en groupe.

Pourquoi avez-vous choisi de suivre cette formation et quels objectifs aviez-vous en tête au départ ?

J’ai suivi le DU de sophrologie dans une logique de développement de compétences, pour enrichir mes outils thérapeutiques. Mon objectif était de mieux accompagner mes patients, notamment sur la gestion des émotions et du stress. La formation a été financée par mon employeur, ce qui s’inscrivait aussi dans une volonté institutionnelle d’améliorer les prises en charge.

En quoi cette formation a-t-elle transformé votre vision de votre domaine professionnel ou de votre parcours de carrière ?

La formation a été une véritable expérience de vie, avec un travail profond sur moi-même. Elle m’a permis de mieux me connaître et d’apprendre à aller mieux, avec un effet très concret de détente et de bien-être.

Cela a aussi changé ma manière d’être avec les autres : mieux comprendre le fonctionnement de l’autre permet de mieux l’accompagner. J’ai le sentiment d’être aujourd’hui plus alignée, plus moi-même dans ma pratique professionnelle.

Quels changements avez-vous constatés dans vos compétences et savoir-faire depuis le début de la formation ?

J’ai acquis des outils concrets pour être plus calme dans la relation thérapeutique et pour apaiser les patients. Je suis davantage dans l’écoute et dans l’instant présent, ce qui change profondément la qualité des échanges.

La sophrologie me permet aussi d’accéder plus facilement au vécu des patients, de lever certaines barrières et de les accompagner vers plus d’authenticité. Ce sont des compétences que j’utilise plusieurs fois par semaine dans ma pratique.

Pouvez-vous nous donner un exemple précis de situation dans laquelle la formation a eu un impact direct sur votre travail ou vos responsabilités ?

Oui, par exemple avec une patiente souffrant de troubles des conduites alimentaires, qui était extrêmement fermée. Après une séance de sophrologie, elle a réussi à parler de ses difficultés avec sa famille, ce qui a ouvert un espace de compréhension complètement nouveau dans sa prise en charge.

En addictologie, j’accompagne aussi des patients qui sont souvent submergés par leurs émotions. Les techniques de sophrologie leur permettent de se poser, de revenir à l’instant présent et de réguler ces états émotionnels.

Quels sont les éléments de cette formation que vous considérez comme étant les plus marquants ou transformants pour vous et votre environnement professionnel ?

Ce qui est le plus marquant, c’est l’impact direct sur la relation avec les patients. La sophrologie permet à la fois d’apaiser, de réduire les ruminations et d’accéder plus facilement à ce qui est vécu intérieurement.

Elle s’intègre aussi dans une approche globale du soin, en complément d’autres méthodes, ce qui est essentiel en psychiatrie.

Sur le plan collectif, même si je n’ai pas toujours le temps de proposer des séances à mes collègues, je constate que ces pratiques pourraient répondre à un vrai besoin, notamment face à la fatigue professionnelle et aux situations de burn-out.

Enfin, la formation a aussi un impact sur ma posture au sein de l’équipe : je prends davantage de recul, je réagis moins à chaud et cela contribue à un climat de travail plus apaisé.