La physiothérapie normo-inductive, l’autre kinésithérapie

14 janvier 2021

La formation en physiothérapie normo-inductive est l’une des trois formations diplômantes en réadaptation-kinésithérapie proposées par le service de formation continue de l’Université de Strasbourg, une université qui figure dans le top 150 du classement de Shanghai.

Conçue par deux kinésithérapeutes strasbourgeois, cette formation y est dispensée depuis 1992. L’équipe enseignante s’est récemment enrichie de deux jeunes kinésithérapeutes engagés dans une démarche active pour assurer la pérennité de la formation et ancrer la physiothérapie normo-inductive dans le patrimoine de la kinésithérapie.

Compte-tenu de l’abondance des formations continues post-graduées, quel peut être l’intérêt d’une formation de plus dédiée à une méthode de plus ?

La physiothérapie normo-inductive

Un paradigme, pas une méthode

La physiothérapie normo-inductive ne s’inscrit pas dans le cadre d’une méthode proprement dite, en ce que son application ne s’apparente pas à un séquençage préétabli de gestes thérapeutiques.

Il s’agit d’un paradigme, c’est-à-dire d’un système intégré de soins.

Ce paradigme, conçu et enseigné par Michaël Nisand, s’adosse à une grille de lecture rationnelle mais atypique des troubles acquis de l’appareil locomoteur (douleurs, dysfonctionnements, déformations).

Pourquoi atypique ?

Parce que, dans ce paradigme, le tonus musculaire incriminé dans la genèse de ces troubles n’est habituellement considéré que dans le contexte des affections du système nerveux central. Cette activité musculaire, qui se traduit par un état de tension permanent du muscle, et ce, même au repos, est impliquée au premier chef dans la station debout et donc dans la bipédie.

Dans ce paradigme, qui ne se satisfait pas de traitements symptomatiques, l’identification de l’origine des troubles est essentielle. On la recherche le plus en amont possible et toutes les pistes convergent vers un dysfonctionnement des centres cérébraux subcorticaux qui assurent la régulation du tonus (24/7).

Un outil thérapeutique inédit

Le courant thérapeutique conventionnel est caractérisé par la recherche de l’optimisation de l’activité musculaire contractile, depuis la commande (aires motrices corticales), jusqu’à l’effecteur (le muscle dans son activité contractile). Pour cela, on fait appel à des méthodes de renforcement, d’étirement, d’apprentissage et de proprioception.

La physiothérapie normo-inductive quant à elle, vise la normalisation du tonus, depuis la commande (centres cérébraux subcorticaux du tonus), jusqu’à l’effecteur (le muscle, dans son activité non contractile). Pour cela, on fait appel à un outil inédit appelé induction normalisatrice.  

Pourquoi inédit ?

Parce que les centres supérieurs visés sont complètement imperméables à la volonté et à la conscience, contrairement au cortex qui gère la contractilité. Par conséquent, seul un outil au mode d’action indirect, et donc inductif, est susceptible de les atteindre. Cet outil n’existait pas. Il a fallu l’inventer.

Un cadre universitaire d’excellence

Une formation diplômante évolutive

Les formations universitaires diplômantes ne sont pas nombreuses en kinésithérapie. Celle-ci est une exclusivité de l’Université de Strasbourg. Depuis sa création, elle est en constante évolution afin de coller au plus près aux attentes des kinésithérapeutes-physiothérapeutes en matière de reconnaissance des compétences, ainsi qu’à l’actualité de la réingénierie de la profession.

C’est dans cet esprit que ses modalités ont été récemment révisées.

La nouvelle mouture, rebaptisée Diplôme d’université d’expertise clinique en physiothérapie normo-inductive, propose aux kinésithérapeutes diplômés d’État, ou équivalents étrangers, une formation présentielle en alternance de 5 modules de 5 jours chacun (165 heures d’enseignement sur 12 mois environ) durant lesquels les cours théoriques alternent avec des ateliers pratiques, des tables rondes et des travaux dirigés. Des disciplines connexes dispensées à chaque module par des enseignants chercheurs de l’Université de Strasbourg viennent enrichir la formation.

La réussite aux examens (épreuve théorique et pratique) consacre l’homologation du cursus.  

L’élaboration d’un mémoire est au cœur d’une formation complémentaire débouchant sur un second diplôme d’université plus spécifique à la recherche et à la communication scientifique.

Un atout de taille : trente années d’expérience

La formation est dispensée depuis bientôt trente ans dans un environnement universitaire propice au développement de l’esprit scientifique. Les kinésithérapeutes qui la dispensent sont des praticiens chevronnés qui pratiquent tous les jours dans leur cabinet ce qu’ils enseignent aux apprenants.

Dans le souci constant d’évoluer en adéquation avec les données actualisées de la science, ils conduisent aussi des travaux de recherche qui débouchent sur des publications dans des revues indexées. Les concepts et les techniques sont sans cesse éprouvés, triés, reformulés et perfectionnés en conformité au modèle d’une pratique fondée sur les preuves.

Une expertise clinique d’exception

Trop spécifique pour être intégrée dans le cadre du cursus initial (diplôme d’État), cette formation n’est dispensée que dans le cadre de la formation post-graduée. Elle offre donc la possibilité d’acquérir une expertise clinique nouvelle, immédiatement applicable en pratique quotidienne, ceci afin de bénéficier à des patients prêts à s’investir dans un traitement actif, personnalisé et non instrumental.

Michaël Nisand, Responsable technique du DU de physiothérapie inductive, Université de Strasbourg.