Camille Lorgue : « Remettre de l’humain au cœur du soin »

Récit de rencontre par Cristina Ferrara, Responsable marketing et commercial.

Avant le DIU Biographie Hospitalière : une pratique déjà ancrée dans le récit de vie

Avant d’envisager cette formation, Camille Lorgue exerçait déjà comme biographe privée et biographe familiale, à son compte. Elle écrivait des récits de vie pour des personnes ou des familles désireuses de transmettre une histoire, de laisser une trace ou de mettre en lumière un parcours.

Elle avait également déjà été formée à la biographie hospitalière au sein de l’association Passeur de mots et d’histoires (https://passeur-de-mots.fr/), engagée dans la diffusion de cette démarche auprès des personnes gravement malades. 

Mais elle n’exerçait pas encore dans le champ hospitalier.

Ce qui l’attirait dans la biographie hospitalière, c’était avant tout l’écoute et le prendre soin, à cet endroit si particulier de la vie où la vulnérabilité devient extrême.

« C’était l’écoute et le prendre soin, à cet endroit de la plus grande vulnérabilité. »

Pour elle, la force de cette démarche réside aussi dans sa capacité à révéler la richesse de vies qui, en apparence, pourraient sembler ordinaires.

« Il s’agit d’une sorte de mise en lumière pleine d’authenticité et avec une forme de simplicité. »

À travers la biographie hospitalière, Camille cherche à remettre en avant ce que la maladie tend parfois à effacer : les passions, les amours, les souvenirs, l’identité profonde de la personne.

« remettre de l’humain au cœur du soin, remettre de l’écoute et permettre à ces patients, qui ne sont plus que maladie, qui ne sont plus que numéro de chambre, de se rappeler qu’ils sont. »

Pourquoi suivre le DIU Biographie Hospitalière ?

Pour Camille, le diplôme inter-universitaire n’était pas une découverte, mais une étape de professionnalisation.

Elle suivait déjà, par l’intermédiaire de l’association, la construction de ce DIU. Lorsqu’il a vu le jour, elle y a immédiatement reconnu une réponse à ses besoins du moment : consolider sa pratique, gagner en légitimité et approfondir ses connaissances.

« Ce qui me manquait, c’était le diplôme pour ce métier si spécifique. J’avais un BAC +5, une formation initiale dispensée par Valéria Milewski mais je ressentais le besoin de me rassurer sur le fait que j’avais toute ma place à cet endroit.. »

Au-delà du diplôme lui-même, Camille recherchait aussi un approfondissement théorique. Elle souhaitait mieux comprendre l’univers du soin, le fonctionnement de l’hôpital, les soins palliatifs, mais aussi nourrir sa réflexion par la philosophie, l’éthique et l’histoire des soins.

« J’étais, en quelque sorte, à la recherche de théorie pour enrichir ma pratique. »

Le DIU Biographie Hospitalière, proposé notamment par le Service Formation Continue de l’Université de Strasbourg, articule précisément ces dimensions : connaissance du soin, éthique, techniques d’entretien, écoute active et rédaction du récit de vie. 

Une formation riche en échanges et en mises en situation

Camille le dit avec simplicité : elle aime apprendre. Elle était donc particulièrement réceptive à la richesse de cette formation, qu’elle décrit comme dense, stimulante et profondément complémentaire.

Ce qu’elle a apprécié, c’est le lien constant entre théorie et pratique : des enseignements qui invitent à réfléchir aux dimensions philosophiques et éthiques du soin, puis des mises en situation concrètes permettant d’incarner ces apports.

« Il y avait véritablement un pont entre la théorie et la pratique ce quidonnait finalement du sens à la pratique de ce métier, au chevet des patients. »

La formation associe en effet apports théoriques, ateliers d’écriture, études de cas et immersion dans des services hospitaliers afin de réaliser une biographie hospitalière. 

Mais Camille insiste aussi sur une autre force du diplôme : le collectif.

La promotion réunissait des profils très variés : biographes, infirmières, cadres de santé, journaliste, romancière ou encore des personnes issues d’univers professionnels très différents.

« On devient presque une “petite famille”. »On apprend beaucoup des autres, on apprend de leur expérience professionnelle, de leur questionnement, de nos échanges. »

Une formation qui renforce la confiance

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle retient sur le plan personnel, Camille revient à une idée centrale : la confiance.

Les mises en pratique, les échanges avec les autres et les retours reçus ont progressivement confirmé ce qu’elle pressentait déjà.

« Ça m’a confirmé que j’étais au bon endroit. »

Le diplôme n’a pas transformé brutalement sa pratique. Il a plutôt agi par imprégnation progressive, en venant enrichir et structurer ce qu’elle faisait déjà.

La biographie hospitalière : un soin de support

Dans les établissements de santé, la biographie hospitalière s’inscrit comme un soin de support, complémentaire aux prises en charge médicales et psychologiques.

Elle permet à une personne gravement malade ou en situation palliative de raconter son histoire et d’en recevoir le récit sous forme de livre. 

Camille explique que la démarche vient souvent répondre à des besoins identifiés par les soignants : besoin de parole, apaisement, transmission, ou simplement la possibilité de retrouver du sens dans une période difficile.

« Ça vient en complément. Ça vient apporter un temps que les soignants n’ont pas. »

« C’est vraiment d’offrir aux patients un espace de parole  qui leur permet d’oublier un peu la maladie. »

Elle souligne également un élément symbolique important : le biographe hospitalier n’est pas un soignant.

« Nous, en biographie, on n’a pas de blouse. »

« On est une nouvelle rencontre, une nouvelle personne qui s’intéresse à eux. »

Un métier porteur de sens, mais exigeant

Si Camille encourage sans réserve à suivre le DIU, elle rappelle aussi une réalité : faire vivre la biographie hospitalière demande beaucoup d’énergie.

La démarche étant offerte aux patients, elle suppose souvent de trouver des financements, des mécènes ou des soutiens pour pérenniser les projets.

Le diplôme ouvre une voie, mais il faut ensuite porter la démarche et lui donner les conditions concrètes d’exister.

Et maintenant : faire vivre la biographie hospitalière

Aujourd’hui, Camille s’apprête à commencer à exercer au sein d’un établissement de santé.

Son premier objectif est clair : impulser cette démarche, la faire connaître et l’inscrire durablement dans la vie de l’établissement.

Elle souhaite désormais se consacrer pleinement à cette pratique : rencontrer les patients, écrire les premiers récits, remettre les premiers livres.

Et peut-être, plus tard, continuer à se former.

Mais pour l’heure, son envie est simple : entrer pleinement dans le cœur du métier. Pour en savoir plus sur son parcours et ses projets, consultez son site.


Se former à la biographie hospitalière

Le Diplôme inter-universitaire de Biographie Hospitalière est proposé par le Service Formation Continue de l’Université de Strasbourg, en partenariat avec l’Université Catholique de Lille.

La formation vise à professionnaliser la démarche de biographie hospitalière en associant apports théoriques, réflexion éthique, techniques d’entretien et pratique d’écriture du récit de vie. 

📞 Pour toute question à propos de cette formation, contactez : Sandra GRISINELLI | Coordinatrice formations