L’homme qui murmurait à l’oreille des patients

Fabrice Kunst, médecin anesthésiste réanimateur a suivi le DU Hypnose et prise en charge de la douleur.

Qui êtes-vous Fabrice ?

Je suis médecin anesthésiste réanimateur diplômé en 2000 après une formation initiale en CHU basée sur l’acquisition de techniques très pointues tant en réanimation qu’au bloc opératoire (échographie, anesthésie pilotée par ordinateur, hémodynamique non invasive, échographie…). Je me suis alors rapidement orienté vers une structure plus intime à dimension humaine où les rapports tant avec les patients que les autres praticiens nécessitaient une implication qui repose tant sur la confiance que la disponibilité et ce afin de développer un aspect plus humaniste au sein d’une profession où la technologie vient trop souvent déshumaniser les soins en se substituant à la rencontre qui fait naître cette relation si particulière entre les patients et les médecins qui vont assurer leur sécurité au bloc opératoire, bref pour faire simple on remet les clés à une personne sans savoir comment elle conduit et comment elle se gare en marche arrière, original non ?

Pourquoi avoir choisi cette formation ?

Ma rencontre avec l’hypnose au bloc opératoire a été fortuite par l’intermédiaire d’un infirmier anesthésiste qui a été formé à Strasbourg par le DU Hypnose et prise en charge de la douleur. Passé le choc de cette efficacité que j’ignorais totalement mon esprit scientifique m’a interpellé. Comment ça fonctionne, est-ce efficace chez tous types de patient, en urgence, que peut-ont optimiser et surtout comment peut-on développer des techniques hypnotiques d’induction qui permettent de diminuer jusqu’à la moitié les quantités de médicaments hypnotiques avec tous les bénéfices en termes de récupération post op ? Bref après 15 ans de pratique orthodoxe de ma spécialité, je redécouvrais tout mon cœur de métier mais avec une bienveillance jusque-là à peine esquissée, plutôt en retrait derrière le confort de la technique et du ronronnement rassurant des stations d’anesthésie…
Impossible de minimiser et d’ignorer cette efficacité si simple en apparence, il suffisait de murmurer à l’oreille des patient. Après la découverte, la caution d’une formation solide et universitaire s’imposait !!!
Naturellement je me suis rapproché alors du Service Formation Continue de l’Université de Strasbourg et de ce DU où intervenait le Dr Patrick BELLET dont j’ignorais tout sauf sa passion pour les chapeaux… après une « googlelisation » en règle. Je ne savais pas où je mettais les pieds mais ma curiosité étant aiguisée par les thèmes plus improbables les uns que les autres du programme du DU. Catalepsie c’est quoi çà ? Sortir d’un cadre, ah bon ? Un monde inconnu pour le pragmatique que j’étais s’ouvrait à moi. J’avais un trousseau de clés et je ne savais pas quelles portes j’allais pouvoir ouvrir avec.

Qu’avez-vous le plus apprécié dans cette formation ?

Évidemment cette rencontre avec des enseignants passionnés, curieux et parfois fantasques ! Tous plus surprenant les uns que les autres et bien évidemment cette rencontre avec le Dr Patrick BELLET, coordonateur pédagogique du DU. En dire plus serait trahir cette relation si particulière qu’il crée avec les étudiants. Un lien se crée, à nous de l’entretenir et de se laisser guider par le sage de Vaison.
À Strasbourg dans une formation organisée au cordeau, là pour le coup le cadre était bien présent.
L’organisation au sein du SFC, la bienveillance des intervenants et des organisateurs. Le tout au pays de la gastronomie alsacienne ! On ne peut pas passer à côté et se dire mouais faut voir…
L’enseignement sous forme d’ateliers et de cours plus théoriques permettra une mise en pratique rapide aux futurs étudiants qui ne pourront pas résister à l’envie de mettre en œuvre une communication plus bienveillante avec les patients et leur famille et au fil des sessions se laisser surprendre puis constater que cette nouvelle méthode de communication transforme fondamentalement sa pratique et que chaque patient en profite, mais aussi nos relations interprofessionnelles.

Que vous apporté cette formation ?

Cette formation a profondément changé ma façon de percevoir mon métier en basant ma communication tant en consultation, qu’au bloc opératoire vers une communication plus bienveillante et donc source de réalisation sur le plan personnel et professionnel. À la lueur de la crise que nous venons de vivre, les méthodes d’auto-hypnose et l’ancrage positif m’ont permis de garder le contrôle de mon bouillonnement intérieur et de lutter ainsi efficacement contre les risques d’un stress post-traumatique difficilement contrôlable, à tel point que je travaille sur un projet de mise à disposition pour tout le personnel soignant volontaire de mon établissement d’outils basés sur la méditation et l’auto-hypnose pour faire face à cette période post crise et se recentrer sur l’essentiel de nos professions qui ont été en autre très exposées à ce type de troubles anxieux associant irritabilité, troubles du sommeil et de l’alimentation.

Une phrase pour convaincre ?

Ambroise Paré disait « guérir parfois, soulager souvent, soigner toujours » j’en ai fait ma devise professionnelle il y a quelques années, en mode hypnose on pourrait traduire par « écouter et être présent simplement comme une personne au service d’une autre personne » et c’est à cette formation si originale que je dois cette ouverture d’esprit qui m’a fait entièrement reconsidérer ma pratique médicale à la lueur des médecins précurseurs de l’hypnose moderne.
Un grand merci au sage bienveillant de Vaison, le Dr Patrick BELLET.